Syndicat intercommunalpour le thermalisme et l'environnement

Mémoires géologiques

 

Ages et dynamismes éruptifs des Jeunes Volcans d'Ardèche

La présence de volcans en Bas Vivarais fut admise dès le XVIIIème siècle (Faujas de Saint-Fond, 1778 ; Giraud-Soulavie, 1781 ; Burat, 1833).

carte1-memoire-geologiqueLa province, située au sud du Velay, se caractérise par la fraîcheur de ses cônes et coulées. Il reste que, sans doute en raison de sa petite taille et de sa position excentrée par rapport aux grands massifs auvergnats (Chaîne des Puys en particulier), cette magnifique province fut durablement laissée dans l'oubli pendant plusieurs décennies. En dépit de ce manque d'intérêt injustifié, l'âge quaternaire des cônes et coulées était admis de longue date.
Aussi bien la jeunesse de formes des cônes et coulées que l'existence de fumerolles à CO2 (Mofette de Neyrac les Bains) témoignaient de cet âge présumé. Les travaux de Berger (1973-1981) attirèrent à nouveau l'attention sur cette province, certainement l'une des plus belles qui soient. Les études de terrain et la détermination des âges absolus confirmèrent bientôt l'âge récent des éruptions (cartes 1 et 2).

Les deux méthodes de datation utilisées (thermoluminescence et 14C), bien que conduisant à des résultats différents, confirment la jeunesse du volcanisme. Trois épisodes éruptifs (d'une durée guère supérieure au siècle pour chacun d'eux), séparés par des périodes de repos absolu, se sont succédés depuis 120.000 ans au plus.

Le dernier épisode éruptif, représenté en particulier par le volcanisme de Meyras (Souilhol, maar Doris : Figures 1 & 2) n'a, peut-être, guère plus de 10.000 ans.

En effet, l'âge donné par les fragments de charbon situés sous la coulée du Souilhol (à Pont de Labeaume) est de 12.000 ans.

Mémoire âge et dynamisme

La Gravenne de Thueyts

La Gravenne de Thueyts, encore appelée Volcan du Prat, domine la route N. 102 en rive gauche de la vallée de l'Ardèche (Figure 1).

Carte-Thu-JPGElle se présente comme un ancien cône, aujourd'hui éventré, de huit cents mètres de diamètre et s'élevant d'une centaine de mètres au-dessus du substratum métamorphique.

La coulée, qui a égueulé la Gravenne sur son flanc ouest-sud-ouest, a été partiellement bloquée à l'aval par les scories du cône qui encombraient le lit de l'Ardèche. Elle s'est, de ce fait, étalée en amont en raison de la faible pente locale de la vallée...

Mémoire Thueyts

Coucouron : une commune au carrefour de trois volcanismes

Le volcanisme du quart sud-est du Massif Central comprend quatre provinces :

  • Le Velay oriental (16/15 à 6,2 Ma),
  • le Massif des Coirons (7,7 à 6,6 Ma),
  • le Devès (4 à 1 Ma avec deux pics d'activité à respectivement 2 et 1 Ma),
  • les jeunes volcans d'Ardèche (130.000 à 40.000, voire 15.000 ans).

 

Couc-Legende--Relief-JPGL'examen des cartes géologiques montre que trois de ces provinces volcaniques sont représentées, à vol d'oiseau, dans un rayon de 10 km du centre de Coucouron. Les coulées basaltiques d'âge miocène (8,2 Ma) de la vallée de la Veyradeyre (à 8,7 Km) relèvent du volcanisme du Velay Oriental et fossilisent les premières vallées qui s'individualisent dès que s'amorce le soulèvement du Massif Central (rebord oriental). Seulement 9,7 et 7,4 km séparent respectivement le centre de Coucouron du pied du cône strombolien du Cherchemuse et du maar du Lac d'Issarlès. Or ces appareils relèvent du premier épisode de mise en place des jeunes volcans d'Ardèche. Enfin, Coucouron est situé au cœur d'un volcanisme très riche relevant de la province du Devès.

Plusieurs volcans stromboliens et leurs coulées basaltiques (Plot de la Laonne, les Deveses, site de Montlaur, ...) sont, de plus, localisés sur le territoire de la commune. Le constat sus-jacent met en évidence la situation stratégique exceptionnelle dont jouit Coucouron puisqu'il est possible, dans la même journée, d'observer des appareils relevant de trois des quatre provinces volcaniques que comprend le quart sud-est du Massif Central. Nous traitons, dans les pages qui suivent, de quelques points forts caractérisant le site de Coucouron...

Mémoire Coucouron

Le volcanisme de vals à Labastide, via Antraigues et Aizac

En première approche le volcanisme, présent sur le territoire des communes concernées (Labastide sur Bésorgues, Aizac, Genestelle, Antraigues, ...), relève du «Pays des Jeunes Volcans d'Ardèche».

Le volcanisme de Vals à LabastideLe volcan du Pic de l'Etoile et sa coulée, comme le volcan de Grange Neuve (son jumeau) ainsi que la Coupe d'Aizac se rattachent en effet à l'avant dernier épisode éruptif (au plus 80.000 ans) ayant affecté le Bas Vivarais. Il en est de même de la Coupe d'Aizac et de sa coulée laquelle, jusqu'à l'approche de Vals, suit le cours de la Volane.

Il reste que d'autres manifestations éruptives, plus anciennes, sont également bien représentées sur le territoire de ces communes. Ces venues volcaniques, d'intérêt indéniable (Ranc Ranier, Rocher du Cheylard, neck de Crau), doivent probablement être rattachées au volcanisme d'âge miocène qui (vers 8-7 Ma) a affecté tant le Coiron que le sud du Velay oriental.

Mémoire de Vals à La Bastide via Antraigues

Le site du Lac d'Issarlès et du Cherchemuse

L'intérêt volcanologique du site du Lac d'Issarlès a été reconnu de longue date ; la profondeur du lac (138 mètres admis), sa circonférence (de l'ordre de 5 kilomètres) et sa surface (estimée à 97 hectares) en font effectivement un véritable joyau.

L'intérêt volcanologique du site repose aussi sur le fait que trois des quatre provinces volcaniques existant dans le quart sud-est du Massif Central (Velay oriental, Coirons, Devès, Jeunes Volcans d'Ardèche) sont représentées sur le territoire de la commune.

Les trois provinces volcaniques évoquées ci-dessus sont, par âges décroissants représentées par :

Issar-02-Lac-vu-Col-de-GageLes coulées basaltiques de la vallée de la Veyradeyre

Les coulées basaltiques de la vallée de la Veyradeyre qui, datées à 8,2 millions d'années, relèvent de la province volcanique du Velay oriental. Au plan local, ces coulées fossilisent les larges et peu profondes vallées qui s'étaient individualisées lors des premiers soulèvements locaux du Massif Central. Ainsi l'érosion fluviatile du quaternaire ancien a ensuite façonné le profil transversal en V que dessinent une large part des pentes ; l'incision sub-actuelle se traduisant par la formation d'une gorge à parois verticales marquant le fond de la vallée. Chacun de ces profils transversaux pourrait refléter l'une des étapes de l'important soulèvement qui a affecté le rebord cévenol du Massif Central

La coulée basaltique

La coulée basaltique, située au niveau de la commune en rive droite de la Loire (non visible depuis ce point d'observation), a un âge de 2 millions d'années et peut donc être rattachée à la province magmatique du Devès.

Le maar du Lac d'Issarlès

Le maar du Lac d'Issarlès est celui de France dont la profondeur reconnue (138 mètres) est la plus importante (elle serait en fait supérieure à 140 mètres) et les produits qu'il offre au regard -dans des conditions d'accès exceptionnellement aisées- de première qualité. Son jumelage naturel avec le volcan strombolien de Cherchemuse est des plus heureux puisqu'il permet d'appréhender les deux grands types d'appareils volcaniques (maar et volcan strombolien) représentatifs du Pays des jeunes volcans.

Mémoire Lac d'Issarlès et Cherchemuse

Le Souilhol et le Maar Doris à Meyras – Neyrac les Bains

C'est à la province des Jeunes Volcans d'Ardèche que se rattache le volcanisme de la commune de Meyras. Le volcan du Souilhol et ses deux coulées ainsi que le maar Doris (site de la station thermale), se rattachent en effet au dernier épisode éruptif (peut-être âge de guère plus de 10.000 ans) ayant affecté le Bas Vivarais.

Meyras-04-Bombe-CrocodileLe volcan du Souilhol, situé sur la crête localisée dans la confluence entre Ardèche et Lignon, domine la station thermale de Neyrac. La première description de cet appareil a été faite par Giraud-Soulavie en 1780 ; ce qui n'a pas empêche J. D. Forbes de s'en attribuer la découverte dix ans plus tard. Il s'agit d'un cratère égueulé ayant émis deux coulées basaltiques. La première coulée est sortie par le cratère regardant en direction du Lignon et a successivement rempli les vallées du Lignon et de l'Ardèche (jusqu'à Pont de Labeaume). Une autre coulée a contourné Neyrac Haut après s'être échapée à la faveur d'une fracture affectant le socle.

Le maar Doris, reconnu voici peu, correspond très exactement au site de la station thermale. Il joue indubitablement un rôle essentiel dans la localisation des sources ayant favorisé l'implantation du site thermal. Le maar joue par ailleurs le rôle d'un puits naturel qui piège les eaux tant d'origine proche que lointaine. Le gaz carbonique, émis dans ce piège naturel, ajoute au cachet particulier de Neyrac dont la mofette était, dit-on, déjà connue des romains.

Mémoire de Neyrac les Bains

Montpezat la commune aux cinq volcans

Pas moins de cinq bouches éruptives se situent sur le territoire de la commune de Montpezat  : 1) les volcans stromboliens du Bauzon et de la Gravenne de Montpezat, 2) les maars de la Vestide du Pal, du Ferrand et du Chambon. Trois autres cônes, localisés à proximité de la commune, ont précédé la mise en place du Bauzon et se relayent dans le prolongement de son flanc sud (Narçon, Vestide du Barbonnet, Serre de Reboul).

Montpezat-01La-VestideOn notera que les cônes stromboliens tardifs, mis en place au sein même de la Vestide du Pal, ne sont pas comptabilisés dans cette énumération.

Que l'on retienne les données de Berger & Brousse (1975), de Berger (1981) ou celles de Rochette Bertrand & Berger (1993), ce volcanisme est particulièrement jeune : 1) - 130.000, 80.000 et 47.000 ans suivant la proposition de Rochette & al. (sur la base des données de la thermoluminescence : cf. carte) et 2) - moins de 15.000 ans pour les plus récents en s'appuyant sur les données du 14C (Berger, 1998a).

L'étude du champ magnétique terrestre fossile (Berger, 1973-1981, Rochette, Bertrand, Braun & Berger, 1993) montre que les trois épisodes éruptifs ont été particulièrement brefs (peut-être de l'ordre du siècle !) et séparés par des intervalles de repos absolu. La «logique statistique» voudrait qu'un réveil de l'activité soit vraisemblable à brève échéance (Berger & al., 1994a-b). Le groupe des volcans du Bauzon et la Gravenne de Montpezat appartient au second épisode alors que La Vestide du Pal, Le Ferrand et le Chambon relèvent de la phase la plus récente. On notera que la coulée située sous le château de Pourcheyrolles, antérieurement attribuée à une ultime période d'activité de la Gravenne a en fait été émise par le volcan du Chambon. Ceci implique, à la différence de ce qu'on pensait antérieurement (Rochette & al., 1993), que la Gravenne de Montpezat n'a été active que lors du second épisode éruptif.

Mémoire Montpezat

Le Maar du Ray Pic

schemaLe maar du Ray-Pic, pourtant connu dès le XVIIIème siècle (Faujas de Saint Fond, 1778), a longtemps attendu avant de recevoir un nom consacré par les travaux scientifiques. Dans la littérature géologique, il a successivement hérité des noms suivants : Cros de Pélissier (Dalmas, 1872), Volcan du Ray-Pic (Bozon, 1963), Coupe de la Fialouse (Brousse et Berger, 1967), enfin maar du Ray-Pic (Berger, 1981).

Le maar du Ray-Pic (Figure 1), aujourd'hui haut lieu touristique, est implanté en rebord du plateau, à 6 km au nord de Burzet. Le sommet culmine à 1293 mètres et domine de 100 mètres le plateau ardéchois. Au premier regard, il présente l'aspect d'un volcan strombolien parfaitement classique, à pentes extérieures assez faibles (de l'ordre de 20°). Le cratère (1200 sur 1500 mètres) a une pente interne un peu plus importante ( 25°) et est égueulé vers l'est.

La phase strombolienne, achevée par la mise en place d'une superbe coulée basaltique d'une longueur de l'ordre de 21 km, a été précédée par une phase phréato-magmatique qui a entaillé le socle en y formant un cratère circulaire.

Les produits, mis en place lors de cette phase initiale, sont aujourd'hui bien observables en bord de route (consécutivement à un élargissement récent de celle-ci) et dans les secteurs nord-ouest et nord de l'appareil.

Outre sa dimension exceptionnelle, la coulée basaltique se caractérise par l'abondance, la taille et la fréquente fraîcheur de ses enclaves de péridotites.

Mémoire Ray-Pic-Pont-Labeaume

Nous contacter Plan d'accès